Baudelaire - LFDM - Spleen

Notes :

• 1 Idéal et 4 Spleen : volonté de mettre en avant le Spleen ?
• Dernier poème (le plus célèbre)
• Baudelaire : poète maudit/victime du rejet/célèbre après la mort

 Problématique :
Comment la description de ce mal qu'est le Spleen nous donne-t-elle une nouvelle image du poète ?


I Le poète en proie au Spleen

1.1 Un mal omniscient

 Les 3 premières strophes commencent par des propositions subordonnées circonstancielles de temps et aboutissent à une proposition principale (« Des cloches... »)
 AMPLITUDE & ETENDUE DU SPLEEN
 3 éléments : air, terre, eau
 « Ciel » = religion
 « Longs corbillards » = Spleen
 « Sur mon crâne incliné » : atteint le cerveau
 « Cloches sautent » : atteint le divin
 CL amplitude : « horizon », « étalant », « vaste », « long »...
 Le Spleen est partout mais s'inscrit aussi dans la durée (passé, présent, futur) : propositions circonstancielles de temps + « lentement » : Spleen lancinant & ancré.

1.2 Le poète est une proie

 Idée de soumission (« crâne incliné »)
 « Chauve-souris », « araignées », renforcé par « infâmes » (bestiaire maléfique), vit la nuit (différent)...
 mythe & légende
 Allégorie de l'Angoisse : personnage menaçant
 CL souffrance : « proie », « triste », « atroce », « gémissant », « affreux hurlement »...
 Mouvement du poème // Orage (« ciel bas et lourd ») qui éclate
 « Longs ennuis » // Avis au Lecteur

II Le poète vaincu ?

2.1 Possible

 CL aliénation : « peser », « cachot humide », « vastes prisons », « filets », « barreaux »...
 CL mort : « corbillards », « vaincu », « crâne »...
 Silence de mort / Cloches
 Triomphe de l'Angoisse en temps que personnage qui « plante » le « drapeau noir »
 Césure au milieu du mot « Angoisse » : mise en valeur
 Ces éléments montrent qu'à priori le poète est vaincu.

2.2 Le cri libérateur

 N'est-ce pas le Spleen qui pousse le poète à l'écriture ?
 L'écriture suscite la libération.
 « esprit gémissant », v.14, « se mettent », « pleurer » ...
 volonté de s'exprimer
 BV de mouvement : « embrassant », « s'en va », « étalant », « vient », « sautent », « lancent », « errants », « défilent »...
 Il y a peut être, finalement, dans ce poème, une révolte. Il est évident que le poète est en proie au Spleen mais il y a aussi une révolte créatrice (éclatement de l'orage). Le Spleen fait naître l'écriture (1 Idéal pour 4 Spleen), la favorise.

# Posted on Tuesday, 20 June 2006 at 8:16 AM

Baudelaire - LFDM - Idéal (Polycop de Magdinier)

XVIII - L'IDEAL

Le titre du poème suscite notre intérêt puisqu'il se trouve dans la section du recueil intitulée « Spleen et Idéal »... Nous devons donc trouver dans ce texte, selon toute logique, une « clé », un indice, un éclaircissement, peut-être, à cette ½uvre parfois hermétique. Un titre prometteur, donc. Une forme évocatrice, aussi. Qui ne connaît pas le sonnet, cette structure poétique spécifique de deux quatrains et deux tercets ? C'est en poésie, d'une certaine manière, un « idéal » esthétique, justement. Si le poète se contraint à cette forme rigoureuse, c'est qu'il y a sans aucun doute une raison... Et pour ceux d'entre vous qui pensent déjà « oui, mais c'est une difficulté supplémentaire, un écueil de plus dans le texte... Esthétique, esthétique... Et le sens dans tout ça, il ne passe pas un peu au second plan ?! », voilà ce que répond Baudelaire : « Parce que la forme est plus contraignante, l'idée jaillit plus intense ». Ah, bon, alors...
Alors demandons-nous comment le poète, après avoir rejeté les stéréotypes de l'idéal commun, dessine son propre Idéal, entre songe et noirceur. Il faut en premier lieu cerner la mécanique du rejet, et accepter de plonger, en second lieu, au c½ur de l'Idéal baudelairien...


LA MECANIQUE DU REJET

Le rejet d'une esthétique et d'une époque :

- «beautés de vignettes » (v.l) —» enfermement péjoratif, beauté banalisée, soumise déjà au aléas de la mode, d'une époque.
- « Ces pieds à brodequins, ces doigts à castagnettes » (v.3) —» vers énumératif qui propose une caricature (et un enfermement encore) des critères de la beauté. Au niveau de la structure du vers, les deux hémistiches suivent le même modèle et se ressemblent.
- Multiplication de termes péjoratifs —» « avarié », « vaurien », « chlorose », « troupeau » (pensez pour ce dernier terme, très péjoratif, aux moutons de Panurge chez Rabelais : Baudelaire sous-entend encore qu'il y a un effet de mode, de masse = absence de goût personnel).
- « siècle vaurien » —> rejet de son époque
- Démonstratif « son » (v.6) —> enfermement péjoratif (encore !)
- Disposition « anormale » des rimes (ABAB, CDCD, EEF, GGF) —> Baudelaire respecte la structure du sonnet (qui remonte à la Renaissance) mais l'adapte à son propre goût esthétique, à son choix personnel. Il refuse donc la norme pure et simple, banale, l'esthétique commune.

Le stéréotype ne peut pas convenir au poète :

- futur simple (v.l) + adverbe «jamais » —> assertion sèche et définitive, qui ne changera pas dans l'avenir.
- « Car je ne puis trouver... » —> la conjonction de coordination traduit un lien logique de cause, une volonté d'être clair, rigoureux et explicite. Le présent simple («je ne puis ») a une valeur intemporelle (=avant, aujourd'hui, demain : ce sera toujours le cas)
- « Ce qu'il faut à ce c½ur profond comme le mien » —»• nous retrouvons là le thème du poète qui se distingue du reste des hommes (cf « L'Albatros », « Bénédiction », « Elévation »...)
- La couleur du poète est le ROUGE (v.8) —> pensez aux connotations du mot, à la dualité et l'ambiguïté sous-entendues : amour, passion, érotisme, mais aussi violence, sang...
- Ambiguïté encore dans la formule « rouge idéal » (v.8) —» Quel mot est le nom, quel mot est l'adjectif? L'Idéal du poète est ambigu, difficile à cerner contrairement à celui des autres qui s'énonce clairement (v.7 : « pâles rosés »).

LE POETE EXPRIME SON IDEAL

Remarquez avant tout l'importance de la structure : les deux quatrains correspondent à un temps de rejet, alors que les tercets permettent au poète de proposer autre chose. Il y a donc deux temps dans la démarche de Baudelaire, qui correspondent dans la structure du sonnet aux deux étapes du mouvement.

L'Idéal du poète relève du songe :

- Multiplication de termes abstraits : « c½ur », « âme », « rêve », « nuit »... Travaillez là encore sur les connotations de ces mots.
- «... ce c½ur profond comme un abîme » (v.9) —* comparaison explicite qui renforce encore l'abstraction du terme « c½ur », tout en l'assombrissant.
- « Qui tors paisiblement... » —» paronomase : on lit « tors », mais la proximité sonore et le thème de la nuit fais que l'on pense « dors ». Ajoutez à cela la position de la statue de Michel-Ange, qui est étendue. L'adverbe « paisiblement » fait également penser au sommeil. Le vers 12, qui précède, présente une structure ternaire, qui crée un rythme doux, une berceuse. Le sonnet est une composition structurée, régulière, qui va également dans ce sens.
- Lady Macbeth est le «rêve d'Eschyle» (v.ll)... La comparaison de l'Idéal au songe est parfaitement explicite, non ?!

Un Idéal tumultueux :

- L'Idéal du poète se définit en partie par le rejet du goût commun ; traduisez : il s'affirme en partie par le rejet... C'est un élément déjà sombre, torturé.
- Rimes novatrices + césures « interdites » aux vers 4 et 8 —» déstructuration du poème, installation d'un certain chaos dans la régularité légendaire de la forme du sonnet.
- Macbeth est sans doute la plus sombre des pièces de Shakespeare, et Eschyle est un auteur antique de tragédies... Plutôt sombre, cet Idéal... Utilisez aussi la comparaison au vers 9.
- Modalité exclamative (v. 14) + 2eme pers. du singulier pour s'adresser à la statue —> incantation ?
- « pose étrange » (v.13) est à mettre en relation avec « beautés de vignettes » (v.l)
—-> la frontière entre l'idéal commun, banal et l'Idéal baudelairien est tout entière exprimée ici
—> certes, la Nuit de Michel-Ange « pose », comme tout modèle... Mais elle le fait de manière étrange !
- Connotations de la couleur rouge (voir plus haut)
- L'Idéal dont parle Baudelaire est un idéal féminin, mais il rêve d'une femme sombre, tragique...

Une fois décodé et analysé, le poème livre un certain nombre d'éléments qui précisent notre connaissance du poète, de ses intentions et de ses goûts. Il est une fois encore cette figure étrange qui se démarque du reste du monde. Il y a dans son idéal de la féminité, comme il y a y a de la féminité, sans doute, dans le titre énigmatique des Fleurs du mal... La femme idéale, pour lui, est « rouge », avec toute l'ambiguïté que cela sous-entend. Lisez ce poème, relisez -le encore... C'est de là que naît le sens. Bon courage !

# Posted on Monday, 19 June 2006 at 5:49 AM

Baudelaire - LFDM - Elévation

Notes :

• Son « m » (positif ?)
• Liberté ≠ enfermement
• Construction verticale ascendante (élévation)
• Absence des « autres »
• Dualité
• Plénitude du poète
• Elévation :
-> spirituelle
-> métaphysique
• Spleen / Idéal : poète partagé

 Problématique :
Comment ce poème, entre spleen et idéal, est-il une invitation à réfléchir à une expérience d'ordre métaphysique ?


I Le poète est la proie d'un conflit entre Spleen et Idéal

1.1 Spleen

 Champ lexical de l'ennui (// « Avis au lecteur ») : « miasmes morbides », « vastes chagrins », « poids », « existence brumeuse »...
 Pluriels : insistance
 « miasmes » : idée de maladie, de contagion = émanation nauséabonde provenant de corps en décomposition
 Allusions au Spleen au début de chaque quatrain : insistance

1.2 Idéal

 Mouvement d'élévation
 Champ lexical de l'Idéal : « soleil » (v.3), « serein » (v.16), « fleur » (v.20), « pure », « divine » (v.11)...
 Liqueur // Ambroisie
 « soleil », « confins étoilés », « feu clair », « limpide » : poème inondé de lumière
 BV de mouvement (« mouvoir », « envoler », « sillonner », « s'élancer ») : poème inondé de liberté
 Les 2 premiers quatrains sont formés par une seule phrase : idée d'amplitude

II Le poète se livre à une expérience métaphysique

2.1 Echapper au concret

 Nom du poème : idée de montée au ciel
 Expérience qui vise à s'échapper : « voyages », « au-dessus », « au-delà », « par delà »...
 Anaphore : insistance
 « vers » (*2) : mouvement d'élévation (BV de mouvement)
 v.1 à 4 : « au-dessus »  « par delà » : élévation spatiale, « étangs »  « sphères étoilées » : élévation de taille
 Envol de + en + grand / haut
 v. 5 à 8 : libération de l'esprit (« se meut avec agilité », « avec une indicible et mâle volupté » : rime)
 « cieux », « éther », « confins » : abstrait, inaccessible
 L'indicible est mis en valeur par la césure : langage impuissant
 Le dernier vers nous invite à poursuivre avec Correspondances

2.2 Résoudre le Spleen

 Système énonciatif
 3 premiers quatrains : déictiques de personne : « je » s'adresse à « tu »
 2 derniers quatrains : « je » disparaît au profit de « il »
 3 hypothèses : (3 premiers quatrains -> « Heureux celui qui »)
-> projection intellectuelle : imagine qu'il s'élève, puis « échec et regret »
-> s'élève réellement et se place en « modèle »
-> élève réellement son esprit mais « échec pour le corps »

# Posted on Monday, 01 May 2006 at 7:17 AM

Baudelaire - LFDM - L'Albatros

Notes :

• Analogie albatros / poète
• Double réalité
• Résignation ?
• Exil du poète et amputation de sa liberté
• Fin de l'idéal ?
• Modalité exclamative : trace de jugement
-> modalisation.
• Parcours de lecture singulier

 Problématique :
Comment Baudelaire raconte-t-il la double réalité de l'Albatros pour l'appliquer ensuite au poète ?


I La double réalité de l'Albatros

1.1 Le roi de l'azur

 Périphrases : « indolents compagnons de voyage », « rois de l'azur », « voyageur ailé », « prince des nuées »...
 Métaphore : « qui hante la tempête et se rit de l'archer »
 Personnifications : « compagnons », « maladroits », « honteux », « gauche et veule », « comique et laid »...
 GNS : idée de grandeur
 GNP : idée de liberté
 Champ lexical de la liberté : « voyage », « azur », « nuées »...
 « grandes ailes blanches » : oiseau pur
 Alexandrin = vers ample = liberté
 2 hémistiches = 2 ailes (les ailes l'empêchent de marcher -> l'écriture l'empêche de marcher)

1.2 L'infirmité

 Champ lexical de la maladresse : « maladroit », « honteux », « gauche », « veule », « piteusement », « traîner », « boitant »...
 Antithèse : « Lui naguère si beau, qu'il est comique et laid »
 Vers 9 et 10 : construction en //
 Vers 6 : 1er hémistiche valorisant, 2e dévalorisant, « à peine »/« naguère », « il mime »/« volait », rimes croisées...
-> accentuent le contraste avec l'infirmité et le roi de l'azur.
 Mouvement de chute
 Le prince des nuées / dénué

II L'analogie entre le poète et l'albatros

2.1 Une même réalité

 4 quatrains :
-> 3 narratifs (réalité de l'albatros)
-> 1 qui lie les 2 (analogie au poète)
 Dernier : dualité sémantique : 2 vers positifs (albatros)/ 2 vers négatifs (poète)
-> double réalité.
 Les vers s'appliquent aux 2 sujets : ambiguïté
 Poème = métaphore filée dans laquelle l'albatros est le poète
 « prince des nuées » // Prince des poètes

2.2 Les conséquences pour le poète

 « albatros » = Poète (« jouet » pour s'amuser)
 « hommes d'équipage » = critiques
 « navire » = société
 « indolents compagnons » : rejetés
-> méchanceté de l'Homme.
-> exclusion du poète.
 v.11 et 12 : bassesse des Hommes : moquerie, appuyés par v.15 (« huées »)
 Exilé sur le sol (ce n'est pas son univers, son monde est ailleurs)
 v.5 : jeu de théâtre : « planches » (produit de l'homme) sur lesquelles le poète a un rôle négatif, appuyé par v.12 (« mimer »)

Conclusion : Sous une apparence simple qui le démarque des autres poèmes, l'Albatros nous invite en réalité à une lecture allégorique. L'Albatros et le poète partagent une même réalité, l'une grandiose, et l'une handicapante. Il prolonge la double réalité de Bénédiction et sera lui-même prolongé par le poème suivant.

Autre plan :
I Du récit poétique à la lecture allégorique (2.1)
II L'idéal de Baudelaire : poésie et liberté (1.1)
III Spleen : le poète dans le monde des hommes (1.2 et 2.2)

# Posted on Monday, 01 May 2006 at 6:55 AM

Baudelaire - LFDM - Bénédiction

Notes :

• Rupture : « pourtant »
• Contradiction
• Hypocrisie du lecteur
• Déchirement ciel/terre
• Poète exclu
• Discours de la mère à Dieu ? / pas de majuscule à « tu »
-> vengeance.
• Aspect mystique
• Champ lexical de la haine ≠ Champ lexical de l'idylle

 Problématique :
Comment le poète, dans un monde obscur qui le rejette, finit-il malgré tout par s'épanouir ?


I Un monde obscur/hostile qui rejette le poète

1.1 Un monde obscur/hostile

 Champ lexical du mal et de la haine : « épouvantée », « blasphèmes » (v.3), « crispe » (v.4), « maudite » (v.7), « dégoût » (v.10), « monstre » (v.12), « haine » (v.13), « méchancetés » (v.14), « misérable » (v.15) », « crimes » (v.20)
 Crime maternel : symbole du mal
 Image de l'amour :
-> « dégoût »
-> « plaisirs éphémères »
 « bûcher » = Moyen Age = période sombre

1.2 Le poète est exclu

 Renvoi à « L'avis au lecteur » : ennui
-> issue de secours.
 Strophe 4 = comble du dégoût
-> allitération en « r » (v.3)
 « blasphèmes » : tend à un monde obscur
-> rejet du bien, de la lumière.
 Un Dieu qui utilise des instruments méchants (v.14)
 La synecdoque (« Où mon ventre a conçu mon expiation » v.8), et les métaphores (« n½ud de vipères », « mon expiation », « monstre rabougri » = poète) participent à l'exclusion du poète.

II Le poète trouve sa place

2.1 L'enfant de Dieu

 « le poète apparaît » : manipulation divine
 Apparition positive ≠ Monde négatif (hémistiches)
 « Bénédiction » : dimension biblique
 « apparaît » : dimension mystique
 « par un décret des puissances suprêmes » : volonté divine
 Poète = Christ (vient comme l'expiation des péchés de sa mère)
-> chemin de croix.
-> passion (du latin patio = souffrir).
 Champ lexical du mal ≠ Champ lexical du bien (« Dieu » v.4, « amour » v.12, « ange » v.21, « ambroisie » v.24)
 « s'enivre de soleil sous la tutelle d'un Ange » : suivi par Dieu

2.2 Cet enfant s'épanouit

 Rupture (v.21 : « pourtant, ») entre monde obscur et épanouissement
 « Enfant » (v.22) = espoir, innocence...
 « s'enivrer » : idée de plénitude
 « boire », « manger » (v.23) : idée de croissance
 « ambroisie et nectar vermeil » : redondance qui désigne une même réalité
 Chiasme : « Dans tout ce qu'il BOIT et dans tout ce qu'il MANGE »
« Retrouve l'AMBROISIE et le NECTAR VERMEIL » (v.23)
 Le dernier quatrain contraste avec le reste du poème
-> épanouissement.

Conclusion : Ce premier poème révèle la dualité du monde, la coexistence du bien et du mal, à la « haine » s'oppose l'« amour », à la « nuit » s'oppose le « soleil », à la « Géhenne » et aux « flammes » s'opposent « Dieu » et l' « Ange ». De ce jeu de différences naît une image singulière du poète, envoyé de Dieu pour mener une passion expiatoire des péchés humains...

# Posted on Monday, 01 May 2006 at 6:24 AM